Tougeki Super Battle Opera 2008

/!\ Alerte Geek /!\

Si les termes “Street-Fighter”, “Hokuto no ken”, “KOF”, “petite virgule avant” ou encore “dragon punch” ne vous évoquent rien ou pas grand chose, vous risquez de vous ennuyez ferme et ne pas comprendre de quoi va parler le post d’aujourd’hui… sur une échelle de geekitude allant de 0 à 100, il doit se situer aux alentours de 120 ^^ Dans ce cas sautez directement au post suivant, un peu plus bas ;) .

A contrario, à l’attention des joueurs d’élite, le but de ce post n’est pas un débriefing complet et neutre de la compétition, mais a pour but de retranscrire et tenter de faire passer (à l’attention de ceux qui n’ont jamais eu la chance d’assister à l’événement) les émotions et l’excitation que l’on ressent quand on y est.

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Bon, nous pouvons commencer… “nous” signifiant aujourd’hui moi (dTb) et l’ami Rinrin (flickr, récit de son voyage au Japon) qui écrira en rouge, car ayant peur de me planter (et accessoirement de me sentir l’unique risée des lecteurs lorsqu’ils entendront les hurlements poussés sur certaines vidéos… des hurlements ??? quels hurlements ?? :D ) je lui ai demandé que nous le travaillions ensemble, car nous étions deux à vivre les même émotions et la tâche de retranscription de celles-ci étant hardue, 4 mains et 2 mémoires ne seront pas de trop.

Ce post aura donc attendu dans les cartons 8 mois avant d’être attaqué… car réussir à retranscrire l’ambiance et faire passer les émotions que l’on ressent au cours d’un Tougeki sont du domaine du surhumain… mais comme ce blog se devait de parler au moins une fois de cet événement incontournable pour tout amateur de jeux de baston (dont nous faisons partie) et même de jeux vidéos tout court, nous allons essayer de le faire le mieux possible :) .

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Le Super Battle Opera (ou Arcadia Cup Tournament) peut être considéré comme LE championnat mondial des jeux de combat. Quelques uns de ces jeux peuvent deci delà (et par intermittence) bénéficier de leurs propres championnats mondiaux (par le biais du World Cyber Game par exemple) mais le SBO est le seul rendez-vous annuel mondial de ce genre vidéo-ludique. Les phases éliminatoires se déroulent sur plusieurs mois dans les salles d’arcade de l’archipel et le “Tougeki” (prononcer Tōgeki) est le nom donné à cet événement final, point d’orgue de la compétition et a lieu à Tokyo.

Pour les accros de géographie, je précise que le Tougeki se déroule chaque année sur la presqu’île artificielle d’Odaïba, dans une salle qui s’appelle le Differ Ariake et qui abrite le reste du temps en son sein… des combats de catch :D .

Y participent donc majoritairement:
- des joueurs japonais, champions incontestés de la catégorie (le Japon étant le pays ayant créé le genre avec Street Fighter 2 (omission délibérée d’IK+ et autres Street 1) et où l’on peut parfois compter une dizaine de salles d’arcade (de 3 ou 4 étages) dans une même rue)
- mais également les meilleurs joueurs de pays étrangers lorsqu’ils ont pu se payer le voyage, comme des coréens (qui se défendent plus qu’honorablement), des américains ou encore des français (qui peinent tous deux à passer les premiers tours).

D’ailleurs, je ne crois pas me souvenir d’un seul occidental encore en lice à ce stade de la compétition (les finales), tout juste d’un Coréen (qui avait l’air super sympa, d’ailleurs, avec son tee-shirt au motif “Å“uf de Yoshi”) venu disputer la finale de KOF si ma mémoire est bonne.

Pour parler brièvement du niveau de la compétition, effectivement, c’est LE championnat mondial des jeux de baston. Ce qui veut dire, bien évidemment, que le niveau des joueurs est très très bon et donc que les matches sont très techniques et disputés. Bien sûr, à ce niveau, les retournements de situation sont légion, assurant aux matches un suspens de haute volée, comme vous pourrez le constater sur certaines vidéos qui vont suivre.

A noter également que l’événement est organisé par le magazine japonais (de référence) dédié aux jeux d’arcades, “Arcadia” (Aloukadiya, en nippon dans le texte ^^).

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Nous y sommes allés la journée qui nous intéressait le plus… celle de Street Fighter (3 third strike) de King of Fighters et d’Hokuto no Ken !

S’il n’est pas besoin de présenter les 2 premiers, il est nécessaire de préciser que le 3ème est joué et populaire… à cause de ses défauts ! C’est à dire de bugs dans le système de jeu qui permettent de placer des enchaînements abusés et des combos dévastateurs qui n’étaient pas prévus par les développeurs, qui font que face à un joueur qui maîtrise son sujet, un seul coup encaissé signifie la mort sans rémission. La chaîne NoLife a réalisé un très bon reportage sur ce jeu (Superplay du 26/11/2007) qui avait permis au commun des mortels (comme nous) d’apprendre tout cela.

Ces nombreux bugs font que certains personnages sont incroyablement plus forts que d’autres (Toki par exemple, qui l’est à un point tel que certains appellent le jeu “Hokuto no Toki”)… et qu’il faut être un peu bizarre hardcore-geeko-gamer pour y jouer avec passion les centaines d’heures nécessaires pour le maîtriser (car oui, malgré tout, le jeu est incroyablement technique: les enchaînements demandent de connaître par coeur son perso ainsi que celui de son adversaire et nécessitent une synchronisation et un timing parfait).

En finale d’Hokuto no Ken, nous trouvâmes donc:
- Un joueur prétentieux, “m’as-tu-vu” et frimeur (dont le pseudo est… “le cochon rouge”… soit kurenai no buta, soit “Porco Rosso” en français pour ceux qui suivent ;) ). Il commencait ses matchs en frimant, les terminait en frimant, a refusé de serrer la main de l’un de ses adversaires… (qui ne semblait pas le désirer plus que ça non plus d’ailleurs). Enfin bon, s’il fallait lui mettre une note de charisme entre 0 et 10, il aurait -50.. De plus il joue avec LE perso le plus puissant du jeu (Toki) ce qui n’arrange rien.
- De l’autre côté, un joueur modeste, tranquille, paraissant gentil, ne jouant pas Toki (nous avions craint une finale Toki-Toki étant donné le nombre de joueurs l’utilisant)… au pseudo de K.I.

Je ne vous fais donc pas de dessin et pour deviner de qui on était partisan…

Voici donc cette finale en vidéo, et quelques points clés pour en rendre le visionnage un peu plus intéressant:
- “kurenai no buta” est en chemise blanche, à gauche sur scène mais à droite sur l’écran (Toki en bleu).
- remarquez comme il reste plus longtemps au micro.
- suite à l’incident de la poignée de main de son match précédent, il insiste lourdement sur celle ci en s’inclinant, ce qui n’est pas mal joué car l’allusion déclenche l’hilarité des spectateurs.
- enfin, il demande à la foule de l’encourager juste avant le début du match (mais de manière moins prononcée que ce qu’il avait pu faire lors de matchs précédents)

Ah oui, je me souviens qu’il était particulièrement lourd avec ses demandes d’encouragement….enfin, avec tout, d’ailleurs :) . Pour parler plus généralement des encouragements, on peut constater qu’effectivement, le Japon est bien le pays du jeu vidéo, tant l’ambiance est incroyable, les spectateurs passablement “enervés” et les applaudissements nourris !

… sur ce, on vous laisse profiter :D :

Passons maintenant à Street Fighter (3). Les matchs se déroulaient par équipes de 3 joueurs, le but étant d’éliminer les 3 joueurs adverses, et tant qu’un joueur gagne ses matchs il ne lâche pas la manette.

Toutefois, avant que la finale de Street Fighter III n’ait lieu, les fans de jeux de baston ont eu droit en avant-première à la présentation de deux jeux, l’un de l’équipe d’Arc System (Guilty Gear), l’autre de Capcom (pas la peine de présenter Capcom, hein…)… des bornes (une pour chaque jeu) étaient également disponibles dans le hall, mais vu la queue pour pouvoir poser ses papattes sur les manettes, nous n’avons, dTb et moi, pas eu l’occasion de tâter aux bêtes.

Pour cette compétition, nous avons rapidement eu une équipe “chouchoute” car particulièrement charismatique: composée d’un gars à dreadlocks (le seul et unique japonais que j’ai jamais vu avec cette coiffure, rien que pour ça l’équipe valait le coup d’être encouragée (et en plus à lunettes!)). Son pseudo était Inoue, et il jouait avec Makoto.

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Ensuite nous trouvions un joueur (pseudo: Kuroda et personnage joué: Akuma) avec une coupe au bol qui me faisait fortement penser à celle d’un acteur japonais du nom de Kenichi Matsuyama qui jouait justement dans une comédie (DMC) cet été là), et au caractère apparemment plutôt placide, un comble pour un joueur de jeu de baston !

Oh la la, le teaser de “DMC”, quelle rigolade ! Et effectivement, je n’avais pas fait le rapprochement, mais il ressemble trop à Kenichi Matsuyama dans ce film.

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Enfin… le dernier joueur cassait la baraque car… il avait un doigt cassé ! Vous avouerez que ce n’est pas le top pour manipuler une manette !.. ou plutôt des boutons, car c’était sa main droite qui était bandée (platrée?). Tout au long des matchs jusqu’en finale (car oui… ils arrivèrent en finale) ses coéquipiers le ménagèrent en passant avant lui.. et comme ils firent d’excellents combats assurèrent grave, il n’eut pas à toucher de manette jusqu’à ce point… Son pseudo était MOV, et son personnage Chun-Li.

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Voici donc le roster, et donc maintenant… en piste !! Nos chouchous sont à GAUCHE sur scène et à l’écran. Vous aurez compris que l’on prie pour que MOV n’ait pas à jouer… “Coupe au bol” aka Kuroda/Akuma commence…

Pas grand-chose à ajouter, si ce n’est qu’effectivement, on avait grave accroché sur ces trois joueurs au look excellent, chacun dans son style… à noter que nous avons par la suite revu un de ces joueurs, mais chut, nous parlerons de ça plus tard ;)

Nous vous prions de bien vouloir excuser les insupportables hurlements hystériques de vos serviteurs sur ces 2 dernières vidéos… tant qu’à y être, autant y être à fond et être des acteurs de l’ambiance survoltée. Assister à match de foot OM/PSG ne me ferait ni chaud ni froid, m’en toucherait l’une sans m’en toucher l’autre… alors que pour ma part, j’ai beaucoup apprécié le PSG-OM récemment diffusé, mais trève de changement de sujet ;) Il est clair que sur les deux dernières vidéos nous étions, dTb et moi, assez “chauds”. Je dois dire que cette finale de Street Fighter III et son ambiance électrique et survoltée reste dans ma mémoire comme l’un des gros souvenirs de mon séjour !!! alors que des matchs de SF3… là ce n’est pas pareil… au moins j’en mesure -avec une certaine précision- la performance technique et psychologique… car oui, performance technique il y a: les possibilités de contre-attaque et de lancement de combos nécessitant souvent des timing à une frame près (sachant qu’il y a 24 frames par seconde, le calcul est vite fait (nécessite des timing d’une précision d’un 24ème de seconde pour ceux qui n’auraient pas suivi)) et psychologique: à ce niveau tout le monde connait les avantages et les faiblesses de tous les combattants: on sait que face à toute action A, il y a une réaction B imparable… et on sait que l’adversaire sait qu’on sait qu’il sait… etc… le but étant alors de faire croire à l’adversaire que l’on va jouer noir, pour en fait jouer blanc au dernier moment et le prendre par surprise… ce qu’on appelle (logiquement) du mind-game dans le “milieu”.

…”milieu” qui est constitué de gens qui se connaissent bien, ou tout du moins par l’intermédiaires de pseudos et de déclarations, de maîtres, de disciples, de respect et de fair-play, de dramas aussi… tout un univers qui vit et fourmille dans les nuits (ou les après midi) des sous-sols de petites salles d’arcade d’Ikebukuro, ou bien dans les étages de celles de Shinjuku et de bien d’autres villes du Japon, sur le net…

A noter que pour nous remettre de toutes ces émotions, nous nous sommes ensuite dirigés, dTb et moi, vers un italien de Daiba afin de nous sustenter tout en profitant d’une magnifique vue nocturrne sur la baie de Tokyo et le Rainbow Bridge. Mais ceci est une autre histoire…

Après la démentielle finale de Street Fighter III, en prenant le chemin du retour (du restaurant donc ;) ) nous sommes arrêtés par un membre du staff “Tougeki” qui, voyant deux occidentaux à cet événement, nous demande si nous sommes des joueurs. Nous répondons que oui (enfin, pas professionnels, mais que nous sommes effectivement des “gamers”). Du coup, nous nous voyons remettre chacun une invitation pour la “farewell party” du Tougeki qui doit se dérouler deux jours après.

…deux jours plus tard donc…:

Nous avons donc rendez-vous, dTb et moi, devant le bar “Sam & Dave” d’Akasaka où a lieu ladite party.

Une fois arrivés tous deux au lieu dit, nous entrons dans le bar qui a été spécialement aménagé pour l’occasion: plusieurs ensembles consoles/TV et une petite masse de jeux de baston sont disponibles pour que les invités puissent se mesurer au cours de joutes, dans une ambiance de franche camaraderie (et de bières ;) ; quelques vidéos sont sur youtube).

Nous faisons la connaissance d’autres joueurs, en majorité japonais et américains, ce qui donne lieu à des conversations très sympas.

A noter qu’au cours de la soirée, nous avons l’occasion de féliciter chaudement MOV, le joueur au doigt cassé, également présent à la soirée, pour sa prestation de grande classe lors de la finale de Street Fighter III..

Enfin bref, après quelques verres, quelques conversations animées et quelques raclées mémorables (sur Guilty Gear et Street Fighter III notamment), nous prenons le chemin du retour.

9 Responses to “Tougeki Super Battle Opera 2008”

  1. stereoharold Says:

    Wow! !! le post qui tue !

  2. Maria Says:

    Les termes “Street-Fighter”, “Hokuto no ken”, “KOF”, “petite virgule avant” et “dragon punch” ne m’évoquaient rien avant ce post - j’aime les jeux vidéos pourtant, mais j’y suis incroyablement mauvaise (si l’on exclut Pokémon sur GB et Guitar Hero).
    Pourtant j’ai trouvé cet article hyper intéressant, et les vidéos aussi : j’ai trouvé ça tout aussi passionnant qu’un combat de sumo IRL !
    Si je retourne au Japon dans quelques années, j’essayerai d’aller voir ça en vrai…
    Donc, merci beaucoup !

  3. dtbforshare_nospam_ Says:

    Excellent !!! :) :)

    Merci beaucoup pour ton commentaire qui nous fait super plaisir ! (je parle pour Rinrin qui devrait d’ailleurs bientôt passer dans le coin)

    Moi qui me demandais même si un “connaisseur” arriverait à suivre le fil et serait intéressé, alors que quelqu’un qui ne connaisse pas trop ce genre de jeu ait pris plaisir à lire cet article… c’est un résultat au delà de toutes les espérances \\^^// merci !

  4. Rinrin Says:

    Je me joins aux remerciements de Doc pour ton commentaire : ça fait vraiment plaisir de voir que quelqu’un a pu apprécier ce post malgré une relative méconnaissance de l’univers des jeux de baston, plus particulièrement dans le cadre de championnats.

    Et puis ça fait tout simplement toujours plaisir d’avoir ce type de commentaire élogieux :) (même si 90% des félicitations doivent revenir à Doc pour l’énorme travail qu’il a abattu pour la réalisation de cet article ;) )

    Donc merci à toi d’avoir pris le temps de commenter le post !

  5. Maria Says:

    Tant mieux si ça vous fait plaisir - après je suis plus jeune que vous, et probablement plus que la majorité des lecteurs de ce blog, je ne sais pas si les autres lecteurs penseront différemment (y’a des gens qui pensent que les jeux vidéos sont réservés aux ados associables qui veulent oublier leurs problèmes…). Mais moi je trouve ça intéressant !

  6. naxat Says:

    Tu dis : “(nécessite des timing d’une précision d’un 24ème de seconde pour ceux qui n’auraient pas suivi)” mais c’est erroné et la vérité rend encore plus fort l’exploit. C’est d’une précision d’1/60ème de seconde qu’il s’agit, il suffit de lancer Mame pour le voir ;) .

  7. Ikkakujuu no Ryuji Says:

    Un bon reportage bien Geek comme il faut !

  8. dtbforshare_nospam_ Says:

    hé hé ^^ merci :)

  9. 1984 Says:

    Sympa cet article.. ;)

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