Tokyo vu par Rinrin

Mon voyage au Japon, par Rincewind

Cela fait maintenant deux semaines que je suis rentré du Japon et, comme promis à dTb, je participe à son blog en rédigeant ce post sur ces vacances et la découverte de ce fabuleux pays.

Néanmoins, à l’entame de cette rédaction, je me rends bien compte qu’il va être difficile de résumer ces 3 semaines merveilleuses, qu’il va être encore plus compliqué d’expliquer mes ressentis sur ce pays, ce peuple, son état d’esprit, sa culture millénaire…je vais donc aller au plus simple et me laisser transporter vers là où mon esprit jugera bon d’aller vagabonder.

Arrivée le lundi 28 juillet à 7h du matin, atterrissage à Narita, premiers instantanés aperçus par le hublot de mon avion et déjà, l’impression d’une différence subtile dans la végétation qui me fait réaliser que ça y est, je suis arrivé dans ce pays fascinant.

Après quelques rapides formalités d’immigration et de douane, j’ai déjà l’occasion de tester mon japonais rudimentaire lors de l’achat du billet de train qui doit m’amener de Narita à Tokyo.

Quelques péripéties linguistiques plus tard, j’embarque à bord du train qui démarre bientôt et qui, après quelques minutes, me donne l’occasion de voir les premiers paysages de la campagne japonaise, très belle. Forcément, depuis le temps que je veux découvrir ce pays, je ne peux qu’être très touché de ces premières images que l’on croirait sorties de Shenmue ou d’un film de Miyazaki (écolières en uniforme marin, vénérables en jitensha (bicyclettes) la cigarette aux lèvres…).

Mon voisin de banquette, un japonais d’une cinquantaine d’année, apprenant que je viens pour la première fois, me quitte d’un « enjoy » très amical qui me touche et me laisse présager du meilleur pour ce séjour.

Après quelques correspondances, arrivée au lieu de rendez-vous, retrouvailles avec l’ami dTb et départ pour la guest-house qui sera mon « home » pour 3 semaines. La chambre est sympa et fonctionnelle.

J’ai pu, au cours de mon séjour, visiter des lieux incroyablement variés, de Shinjuku et son Kabukicho

à Shibuya et sa statue d’Achiko, son itchi maru kyu (la tour 109 : itchi = 1 maru = rond, donc 0 et kyu = 9)

en passant bien sûr par la Mecque pour les geeks de mon espèce, à savoir Akihabara (que je n’appellerai plus autrement qu’Akiba désormais, question de principe :) )

Dans un autre registre, j’ai eu l’occasion, comme l’ami dTb le précisait dans l’un de ses précédents posts, de gravir le Fuji San et ainsi d’avoir la joie de contempler le lever du soleil du haut de ses 3 776 mètres : un spectacle d’une rare beauté…(pour les photos, on pourra se référer au post de dTb).

D’une manière générale, j’ai été émerveillé par tout ce que j’ai pu voir, entendre, sentir : les buildings, les câbles électriques et les grues omniprésents, tout comme les corbeaux, énormes, ou encore les sémi, insectes au comportement proche de la cigale, au bruit métallique si caractéristique. Mais également beaucoup d’autres choses dont je vous livre un aperçu ci-après un peu « en vrac »

Ah ah ah, et juste pour rire, un véhicule « vintage » aperçu à la sortie de l’expo des layouts « Ghibli » (voir le précédent post de dTb) :

Quelques points qui ont particulièrement retenu mon attention :

la ville est très étendue, mais pour autant pas oppressante, grâce à la largeur des rues et la présence régulière de parcs et de verdure. La bienveillance générale du peuple japonais n’est pas non plus étrangère à la tranquillité qui se dégage de la ville, malgré sa perpétuelle effervescence.

A Tokyo, beaucoup de choses intéressantes se trouvent en hauteur et en intérieur. Par exemple, des magasins sur plusieurs étages dans un immeuble qui ne paye pas de mine.

J’adore les « vending machines », qui vendent par exemple des boissons, de la nourriture et autres cigarettes, que l’on trouve à tous les coins de rue (Shenmue, anybody ?) et qui font donc partie intégrante du paysage urbain.

Parlant de « vending machine », il est temps que j’aborde un point essentiel de mon séjour : la nourriture !!! j’ai aimé pratiquement tout ce que j’ai mangé, c’est-à-dire tout en fait, à l’exception de deux choses :

La première, le natto, un plat à base de haricots de soja fermentés (comprendre : pourri, diront les cyniques), à l’odeur assez particulière (ça a d’ailleurs, selon les dires d’un intervenant de NoLife « le goût de son odeur », un truc que dTb m’avait raconté et qui m’a bien fait rire)…alors effectivement, c’est assez spécial, mais partant du concept très japonais que « plus c’est mauvais, plus c’est bon pour la santé », et fortement encouragé par dTb (genre : « si tu ne goûtes pas le natto, tu n’es pas vraiment allé au Japon »), j’ai testé une bouchée, pour connaître.

La seconde, que je peux manger même si je n’apprécie pas particulièrement : les poissons séchés que l’on mange comme biscuit apéritif (les pistaches de là-bas, quoi…)….c’est un poil sucré, et effectivement assez sec…ça passe avec une bonne bière suntory, cependant ;)

Pour tout le reste, j’ai tout aimé (voire adoré), des sushis qui sont effectivement bien meilleurs là-bas, aux yakitoris (brochettes), en passant par les yaki-niku (un « pot » en terre cuite recouvert d’une grille et contenant des braises est posé sur la table, on fait griller des lamelles de viande dessus, en ajoutant accompagnement et sauces)

Servi avec du kimuchi :

Ou encore les okonomiyakis, sorte « d’omelette » (faute de définition plus précise) japonaise, dont le principe est le suivant : on choisit le type d’okonomiyaki que l’on souhaite (le mélange d’ingrédients souhaité, en fait). Le serveur apporte alors un bol contenant tous les ingrédients dont un œuf. On mélange le tout puis on fait chauffer l’ensemble sur le teppan (plaque chauffante métallique, intégrée à la table dans les restaurants où je suis allé), trois minutes d’un côté, trois minutes de l’autre, on ajoute les sauces et accompagnements…..supersuccul’ :)

Je pourrais également vous parler des ramens, des gyozas (j’en ai mangé quelques un, hein, dTb ;) ), des gyudons, mais je voudrais terminer ce tour de table japonais par un truc tout bête, qui me permettra ensuite de vous narrer quelque anecdote fort cocasse (huh huh huh :D ) : les dorayakis, un beignet fourré à la pâte de azuki, savoir du haricot rouge, sucré. La pâte s’appelle anko. Ce qu’il faut savoir, c’est que cette pâtisserie est le met préféré du personnage Doraemon. Donc bref, un matin, n’ayant pas déjeuné et devant prendre le train, je m’arrête à la boulangerie du coin pour y quérir quelque dorayaki pour me sustenter. Je cherche un peu puis, ne trouvant pas, me résous à demander à la boulangère si elle en a….problème : je ne me souvenais plus du nom !!! donc je commence à expliquer à la jeune fille que je recherche une pâtisserie ronde avec de la pâte de azuki à l’intérieur. Celle-ci ne comprenant pas de quoi je veux parler, j’ai au bout d’un moment l’idée de génie de lui dire : « c’est le gâteau préféré de Doraemon ! »…et là, la jeune fille me répond direct : « dorayaki ? » en se marrant à moitié. Pour finir, je précise que je ne fus pas récompensé de mes efforts, dans la mesure où la boulangerie n’en avait pas…

Ce qui va me conduire à vous parler maintenant des japonais, que j’ai eu la joie de côtoyer pendant ces trois semaines. Je tiens à prévenir d’emblée que je ne vais pas tarir d’éloges et que je ne serai donc pas forcément objectif dans mes propos. Il conviendra de soustraire à ceux-ci l’enthousiasme qui m’habite quand je parle de ce pays et de ses habitants pour se faire une idée à peu près correcte de leur état d’esprit, comportement, bref, de ce qu’ils sont en tant que peuple avec une unité de culture, de langue, de géographie…

Passons rapidement sur ce que chacun pressent ou sait : les japonais sont pour la plupart des gens d’une extrême correction, gentillesse, prévenance. A ce propos, les mots que j’ai le plus entendu au cours de ce séjour sont « sumimasen » (excusez-moi » et « gomennasaï » (je vous demande pardon). De fait, on ne sent à aucun moment une quelconque agressivité…à titre personnel, il n’y a pas un moment où je ne me sois pas senti en sécurité, quel que soit l’endroit où j’ai pu me trouver. Par conséquent, malgré l’étendue de la ville et la densité de population, on se sent apaisé après quelques jours seulement de séjour : pas d’incivilité au quotidien, pas de stress à surveiller ses affaires de peur de se les faire voler…Au Japon, on est TRANQUILLE ! J’ai ainsi pu à plusieurs reprise dormir (vraiment dormir, pas somnoler) dans un train sans craindre de me faire voler mon sac, tant cela semble incongru dans ce pays.

Ce qui m’a frappé également, ce sont les contrastes dus à cette culture millénaire et en même temps si moderne, à la pointe de la technologie : combien de fois ai-je pu voir des jeunes gens en yukata avec un téléphone portable ultramoderne à la main ? les japonais semblent demeurer très attachés à leur patrimoine culturel (hanabi, matsuri,…) tout en sachant parfaitement le marier avec la vie contemporaine.

(Je laisse le soin à dTb de vous expliquer ce qu’il se passe exactement sur cette dernière photo lors d’un prochain post ;) )

Sur un plan relationnel, ils sont (en tout cas, ceux que j’ai pu rencontrer) à mille lieues des descriptions habituelles les disant froids, distants, réfléchis. Ils sont au contraire chaleureux, ouverts aux autres et ce sont de sacrés fêtards !!! avec toujours toutefois la politesse, la petite attention à l’égard de l’autre, qui fait que par exemple vous n’arriverez pas à rester très longtemps avec votre verre vide (sachant qu’au Japon la politesse veut également qu’on ne se serve pas tout seul et donc qu’un de vos compagnon de soirée aura tôt fait de remplir votre verre et/ou de vous proposer de recommander quelque chose :) )….vous l’aurez compris, je garde un excellent souvenir des soirées (arrosées ? :D ) que j’ai passées à Tokyo !

Avant de conclure, je voulais finir sur la langue japonaise, que j’avais étudiée pendant trois ans. J’avais peur avant de partir de ne pas avoir le niveau pour pouvoir communiquer ou ne serait-ce que survivre. J’ai donc été sincèrement très heureux de voir que mon niveau (très médiocre par ailleurs), était un tout petit peu moins pourri que ce que je pensais :D .

Pour résumer, je n’ai globalement pas eu de problème pour me faire comprendre au quotidien (à l’inverse, il m’était souvent difficile de comprendre mon interlocuteur, mais bon, au bout de deux/trois fois, et avec les gestes, ça allait). J’ai constaté que je pouvais à peu près survivre au Japon sans assistance extérieure, ce qui était déjà un bonheur en soi.

Par ailleurs, j’ai eu l’occasion d’aller au cinéma deux fois (« sky crawlers » et « Ponyo ») et j’ai vraiment été très heureux de constater que j’avais un peu compris « sky crawlers » (même si bon, le coup des corporations, hein dTb ;) ) et pas mal compris « Ponyo ».

Je ne peux pas finir sans parler un peu de dTb (on est quand même un peu sur son blog, là). J’ai vraiment apprécié de le « retrouver » après toutes ces années, je le remercie de tous ses bons tuyaux, conseils, infos, ainsi que du temps qu’il a dégagé malgré un emploi du temps chargé pour qu’on se fasse plein de trucs ensemble. J’ai vraiment passé au cours de ce séjour de très très bon moments (genre 99,99% du temps, le 0,01% devant être la minute « mangeage de natto », et encore) et c’est en grande partie grâce à lui si ce voyage a tant été une fête de tous les instants. Donc merci dTb, merci au Japon d’exister, c’est un pays fabuleux, et je finirai avec ces dernières photos de mon séjour, et en vous quittant d’un « Nihon, raï nen neeeeeeeeeeeee » !!

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Petite rallonge privée: les belles rencontres que j’ai faites au Japon, et dont je suis très heureux ! (cliquer sur les noms des photos, puis entrez le password habituel de ce blog deux fois)

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photo D - photo E - photo F

photo G - photo H - photo I

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